Témoignages

 

Kathel BRAGEOT

J’ai commencé à voler à 14 ans, lâchée à 15 ans et pilote privé à 17 ans. Et ensuite j’ai enchainé sur CPL-IR-FI + ATPL théorique.

J’ai intégré Air France en tant que copilote sur Boeing 737 à 21 ans et suis depuis bientôt 8 ans copilote sur Boeing 777. La phrase « le plus beau bureau de la Terre » est tout à fait juste. C’est un métier dans lequel il faut toujours être alerte, proactif et qui nous fait vivre des expériences humaines et voir des paysages extraordinaires.

En parallèle, j’ai découvert la voltige aérienne, et l’envie de m’améliorer m’a amenée à la compétition. Je ne pense pas avoir choisi les voies faciles (notamment en TERME d’avion) mais les voies de challenges personnels et surtout de plaisir ! C’est ma grande motivation au quotidien, faire en sorte de vivre comme je le souhaite quelles que soient les difficultés. On n’en ressort que plus heureuse.

Mes parents étaient pilotes privés tous les deux, je suis presque née dans un avion et ai été bercée dans ce milieu de l’aviation légère depuis toujours. J’ai très tôt voulu en faire mon métier, sans me poser la question de la féminisation ou non de cette profession. J’avoue que je n’y ai jamais pensé, la passion était plus forte que tout.

Les femmes restent encore, hélas, très minoritaires. Néanmoins elles font partie intégrante des pilotes. Je pense que dans ce milieu la passion commune est plus importante que le genre. On nous voit d’abord comme des pilotes avant de nous voir comme des femmes.. ( d’après les dires de quelques amis hommes..)

Ce peu de représentativité féminine ( environ 7%) reste un vrai mystère pour moi. La force physique n’est plus un obstacle comme ça a pu l’être dans le passé, ni les compétences en mécanique. Mais il reste dans la société des « murs » femmes-hommes... Une petite fille voulant travailler dans un avion, on lui dira qu’elle peut être hôtesse; un petit garçon on lui répondra qu’il doit être pilote. Jamais ( ou alors vraiment rarement) l’inverse. J’entends souvent dire que mon rythme de vie n’est pas compatible avec une vie de famille, que c’est très particulier. Mais on ne le dit pas à une hôtesse qui a pourtant les mêmes plannings... Est-ce que les femmes ont encore peur des responsabilités, surtout quand ça engage la vie des autres, ou que ça implique un côté technique..? Je pense que les femmes sont les pires ennemies de la démocratisation de ces métiers dits encore masculins.. Celles qui les pratiquent passent encore pour des personnes hors-normes alors que nous sommes simplement tout à fait normales, vivant notre passion et l’assumant pleinement, comme le font les hommes. 

Les femmes, les jeunes filles doivent absolument comprendre que tout leur est accessible maintenant. Nos aïeules se sont battues pour que nous ne nous posions pas toutes ces questions. L’aéronautique est composé de plusieurs dizaines de métiers différents. Chacune pourrait y trouver son bonheur. Les portes sont ouvertes, reste à transmettre le message à ces jeunes filles que cela leur est possible. Les très rares réflexions un peu machos sont à balayer. Leurs auteurs sont certainement bien plus malheureux que la personne à qui c’est destiné, et c’est bien dommage de ne pas savoir avancer. Il faut en faire abstraction.

Les filles, accomplissez-vous, vous vous ferez le plus beau cadeau de votre vie ! Vous seules avez cette capacité à vous réaliser.

 

Anaïs LUNEAU

Orthoptiste et passionnée d’aéronautique.

Née dans une famille avec un père pilote de planeur et mécanicien sur Transall.

Peu de temps après ma naissance, j’ai été bercée près des planeurs sur le terrain de vol à voile de Romorantin. A l’âge de 15 ans, j’ai commencé à m’intéresser d’un peu plus près à l’aéronautique, en allant notamment  dans plusieurs meetings. C’est une fois rencontré mon futur mari que cette passion a pris toute son ampleur. Nous nous sommes connus par une association « Les citoyens du Ciel », visant à partager les joies du vol avec des enfants en difficultés.

Quand, nous avons aménagé à Martigues dans les Bouches du Rhône, nous avons commencé tous les deux notre PPL. J’ai rencontrée Elisabeth mon instructrice. Avec elle, j’ai connu mes premiers vols sur Lionceau AMP20 au dessus des Alpilles, premiers atterrissages, premiers cours de maniabilité, puis premier vol solo. Mon lâché a été un grand moment, j’ai fait trois posés tellement je me sentais bien et ravie d’être seule au commande. Elisabeth était aussi heureuse que moi, puisque c’était son premier lâché en tant qu’instructrice !  Après cet épisode est venu le temps des navigations. En même temps j’ai fait quelques baptêmes de voltiges et un premier stage de parapente. Ces différentes façons de voler me procurent un profond sentiment d’évasion et de grands moments à partager.

De retour sur Toulouse, changement de club, changement d’aéronef. Nous profitons de ce retour en terres toulousaines pour créer l’association REPLIC’AIR, le but étant de reconstruire l’avion de Roland Garros, un Morane Saulnier type de G de 1912. Nous voulions apprendre les techniques d’antan et partager de bons moments entre amis. Très vite, l’objectif de la traversée de la Méditerranée est apparu comme un challenge qu’il nous fallait affronter. Le travail du bois et de l’entoilage m’ont personnellement beaucoup plus. Les meetings nous ont permis de nous faire connaitre et de rencontrer des gens formidables, aux expériences et vécus incroyables. 

Une fois le Morane prêt à prendre les airs, le premier vol à été effectué le 10 août, précédent la campagne d’essais en vols pour la préparation de la  Traversée. Puis, enfin, le 22 septembre, vol centenaire de la traversée de Fréjus à Bizerte, la concrétisation d’une multitude d’heures de travail en équipe. Premier meeting pour le Morane en octobre juste après la traversée. 

Actuellement, nous sommes sur un nouveau projet, la reconstruction du Dewoitine. Question de passion…

L’aventure du Morane m’a offert de découvrir une autre facette de l’aéronautique toute aussi passionnante que de voler et très complémentaire.  Je pense que l’aéronautique peut se vivre d’une multitude de façons différentes, l’important étant de faire ce que l’on aime, et de le faire du mieux possible… Telle est la rançon pour faire partie de cette belle famille !

 

Ces femmes qui ont révolutionné l'histoire de l'aviation

(selon Air Chatrer Service)